Pierre Joubert
Entre plumes et pinceaux

 

Samedi 19 mars. Le soleil ayant décidé de se mettre de la partie, après dissipation des brouillards matinaux, etc, c’est par une belle matinée que les deux reporters du Domaine de Nampilly, s’étant donné rendez-vous à la Trinité (et non à Pâques) prennent le chemin du magasin Carrick.

Carrick, pour ceux qui l’ignoreraient, est une librairie-magasin de matériel scout.

Dès l'entrée, le visiteur est chaleureusement accueilli par toute léquipe de Carrick qui lui remet gracieusement le catalogue de l'exposition, livret de 24 pages agrémenté d'illustrations de Joubert et de textes sur le Maître. Passé le comité d'accueil, on trouve au rez-de-chaussée du magasin surtout des livres (dont de nombreuses rééditions de Signe de Piste et des titres nouveaux, telle la série des Ségolène), des cartes postales, posters, etc., presque tout de Joubert, des opinels à bout rond, des boussoles, des badges, trois ratons-laveurs…

A l’étage, chaussures de marche, pull-overs, foulards et chapeaux scouts… La question que nous nous posions avant de venir était : « Mais où vont-ils caser l’exposition ? » Eh bien la réponse est là :

Le moins que l’on puisse dire, était que devant le nombre des œuvres, chaque coin et recoin de mur a été utilisé !

Comme on le voit, entre chandails marins, bérets, ceinturons, et chaussures de marche, les dessins de Joubert ne sont pas dépaysés…

Admirer dans leur format original et parfois rehaussées de touches de gouache des illustrations si familières, feuilletées tant de fois, est un choc fait de familiarité – la plupart des visiteurs, quel que soit leur âge, reconnaissaient une bonne partie des gouaches, sans l’aide du catalogue – et d’éblouissement, car la beauté des dessins, forcément quelque peu amoindrie à l’impression en petit format dans les livres, éclate ici.

Il est très intéressant aussi d’avoir côte à côte, deux illustrations identiques, à des années d’intervalles, telle celle ci, tirée des Galapiats de la rue haute :

ou bien la couverture de l’Auberge des Trois Guépards.

A côté des illustrations bien connues des Signe de Piste, il y a aussi beaucoup de dessins humoristiques, ou bien tirés d’autres séries illustrées par Pierre Joubert.

Beaucoup de jolis tableaux de « Au temps de Louis XV et des guerres en dentelles »,

 

quelques belles marines, des vues d’Espagne, des scènes préhistoriques, médiévales ou vikings tirées de la série d'ouvrages historiques "Hachette" et "Ouest-France" (Les Temps préhistoriques, Au temps des Vikings, La France des châteaux forts...),des tableaux exotiques colorés comme un conte des Mille et une nuits. (Tiens au fait, il est dommage que Joubert n’ait jamais illustré, à ma connaissance, les Mille et une nuits, mais nous avons ici quelques images des Contes de Grimm).

Figurent aussi quelques scènes de genre scout, bien sûr,

et d’autres, craquantes et pleines d’humour. Je trouve, pour ma part, que le loup a un faux air de coyote de l’ouest.

L’après-midi, l’exposition n’était pas seule à attirer le public, puisqu’elle se couplait de séances de dédicaces d’auteurs et d’un dessinateur (Emmanuel Beaudesson). S’y côtoyaient d’ailleurs des titres très récents, comme Fin de jeu et Une rose de sang (Bruno Robert) ou la saga des Apremont (Pierre-Yves Aujoulat) avec des « vétérans » de la collection, Jean-Marie Dancourt, Bruno Saint-Hill et même un ponte du scoutisme, Michel Menu.

Au rez de chaussée, Laure Angélis (Ondine, Le Lys écarlate, La Valse lente), cotoie Axel Vachon (Le piège des cinquantièmes hurlants). Un peu plus loin, ce sont Jean-Marie Dancourt et Philippe Maxence qui partagent une table.

C’est au premier étage que l’auteur favori du domainedenampilly.com dédicaçait sans relache des piles d'ouvrages (oui, magré son rempart, nous avons réussi à le débusquer !), aux côtés de Bruno Robert.

Oui les auteurs ont l’air bien sérieux comme ça mais ne vous y fiez pas trop. Les dédicaces sont toutes assaisonnées de plaisanteries, clins d’œil malicieux, anecdotes, plus la redécouverte désopilante par Bruno Saint-Hill de certains de ses livres, écrits il y a longtemps et jamais relus depuis : « Ah c’est bien, ça ! ». Sans oublier le clou de la journée, pour lequel le Maître est superbement parvenu à garder son sérieux (ça n'a pas été notre cas, hélas). Savez-vous ce qu'est une dédicace posthume ? eh bien Bruno Saint-Hill le sait, maintenant !

Un peu plus à gauche face à la table (ou à droite en entrant), on retrouve Michel Menu et Jean-Dominique Formet.

Quelques minutes plus tard, on retrouve le même Jean-Dominique Formet en bas, aux côtés d'Emmanuel Beaudesson (si l'on en croit son pull).

Donc on remonte, parce qu'on n'y comprend plus rien, histoire de vérifier s'il a oui ou non le don d'ubiquité. Mais ouf, non, tout est normal, Michel Menu est bien seul à sa table.

Un peu après, on s'aperçoit qu'il a disparu lui aussi, laissant une chaise désespérément vide. Tant pis, on continuera sans lui, car il y a largement de quoi faire !

L’exposition s’est ouverte à 10 h et n’a pas désempli, avec un pic d’affluence l’après midi. De sources sûres, nous savons que Carrick a enregistré dans la journée pas moins de 150 passages en caisse et plus du double en visiteurs ! D’après ce que nous avons pu voir du public, il était très divers dans les âges : vieux nostalgiques des premiers SDP, collectionneurs, adolescents (en grande tenue scoute ou non), louvettes et écoliers. Certaines nouvelles séries, comme Ségolène, ont décidément conquis le coeur de jeunes lecteurs et fait bien des heureux. Il faut dire que ni le stock, bien rempli, ni les superbes dédicaces d'Emmanuel Beaudesson ne laissaient à désirer !

Quelques cannelets (gratuits et forts bons !) et discussions plus tard, il ressort indéniablement une chose de cette journée. Et tous les présents semblaient d'accord sur ce point : devant l’engouement toujours durable que suscitent les dessins de Joubert et la collection Signe de Piste, il est décidément regrettable que la collection soit condamnée à s’éteindre doucement, faute d’éditeur sérieux et combatif, vraiment décidé à la faire repartir avec des réimpressions et des nouveaux titres de qualité… Et que dire des rééditions rendues impossibles, telle la série mythique des Chats-tigre, à cause d’un veto sur la reproduction des illustrations originales ? Beaucoup de manuscrits dorment, faute d'éditeur, dans les tiroirs de leurs auteurs. Quant on voit le succès qu’ils rencontrent dans les signatures, on peut s’interroger.

La Justice ou la mort !

 

MEMO

 

 

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Remerciements à :
Monique de Carné pour la permission de publier les photos,
à toute l'équipe Carrick pour son charmant accueil,
à Eric Bargibant et aux Amis du Signe de Piste pour avoir prêté l'exposition,
et au cavalier de Chenac, qui se reconnaîtra.